In Tenebrae Veritas

Angelina est une ville sans scrupules et il en va de même pour ses habitants, surtout les riches et les puissants. Ils ont déjà tout, la richesse, des esclaves mais ils veulent encore plus : le poste de gouverneur de la ville. Et rien ne les arrêtera.
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 Show no Mercy !

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Ténèbres
Hybride


Nombre de messages: 7
Date d'inscription: 30/12/2006

MessageSujet: Show no Mercy !   Lun 2 Avr - 19:58

Trois ans.
Trois ans qu’il avait été vendu au Chancelier par ses précédents propriétaires.
Trois ans que cet être infecte avait fait de lui son tueur, son garde du corps, sa putain.

Bien sur, Ténèbres n’avait jamais vécu dans un endroit qu’il puisse appeler chez lui avant d’échouer là. On l’avait toujours trimballé d’une piaule sordide à un baraquement qui ne l’était pas moins. Dressé pour la guerre et le sang on ne lui avait pas appris à lire ou à écrire.
A quoi cela lui aurait il servi ?
Les livres et la culture empoisonnaient l’esprit des êtres nés pour la guerre et le carnage.
C’était ce qu’on lui avait dit.

Il avait apprit à lire et à écrire en cachette. Ce n’était pas très difficile…
Probable qu’avec l’aide de quelqu’un qui avait reçu l’instruction nécessaire il aurait pu apprendre rapidement.
Mais personne ne voulait l’aider à apprendre.
D’ailleurs peu de gens lui parlaient.

Parce qu’il était une putain du Chancelier, parce que la mort était son métier et aussi parce que les vampires faisaient peur.

Alors, assis sur le siège conducteur de son petit véhicule blindé, il suivait du bout de l’index chaque mot dont la succession formait une ligne noire sur l’épais papier d’un blanc immaculé.
Seuls les gens très riches avaient des livres… Il en avait volé un chez le Chancelier. S’il se faisait coincer avec ça il passerait encore un très sale quart d’heure…

Au moins, personne ne viendrait chercher le livre dans son quart de siècle…. Le blindé de la taille d’une grosse voiture, peint en gris et noir, décoré des ambitieuses « armes » du Chancelier n’était certainement pas un lieu qui favorisait l’étude mais il y était laissé en paix.

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Assis raide et méprisant dans un crapaud Empire importé à grand frais de chez un antiquaire en vue, l’homme élégant dans un complet de coupe militaire eut un sourire libidineux.
Un claquement de doigts et deux domestiques vinrent s’incliner devant leur maître.

« Débarrassez moi de cet abruti » dit il en montrant le corps qui gisait à quelques mètres de là, soulagé de sa tête qui avait roulé un peu plus loin.

Puis soudain, comme les deux hommes s’affairaient, il se leva de son fauteuil avec la nervosité d’un diable sortant d’une boîte.

« Non non ! J’ai une meilleure idée ! Comme toujours, je suis géniâââl ! »

Sa voix était détestable. Nasillarde, inégale, pompeuse.
Comme tout le reste de cet individu qui se faisait appeler le Chancelier, entretenait une véritable petite armée de dévoués soldats et de domestiques traumatisés, un harem personnel d’une quinzaine de têtes ( c’était son expression) et était le propriétaire d’un lupanar dont le luxe éclipsait à jamais tous les bordels existants ou ayant existé à des galaxies à la ronde…

Le Royal Pourpre.
Tout à la fois casino, boite de nuit et haut lieu de la prostitution avec un grand P. Un grand P comme Putride aussi.

Car le Chancelier ne servait pas à ses clients que le luxe fabuleux –et il fallait l’avouer tout à fait exquis- de son établissement. Non, ce que l’on y trouvait comme compagnie pour passer qui une charmante soirée, qui une nuit, qui un week-end, dépassait en perversité et en originalité tout ce qu’il était possible d’imaginer.

Disposés de chaque côté d’un couloir à l’éclairage avantageux situé au sous sol du Royal Boxon se trouvaient des cuves étanches, remplies d’un liquide de conservation parfaitement adapté à l’occupant de la cuve.
Et là, stockés, il y avait les êtres les plus fascinants – ou déroutants- dont un client en mal de sensations fortes puisse rêver.

Jeunes de différentes races, créatures mi animales mi humaines, êtres ailés ou cornus, centaures de gorgones, sirènes, tous baignant dans cet étrange liquide. Tous attendant qu’un client ne souhaite les posséder, les torturer, voire les tuer. Tout dépends du prix qu’il est prêt à mettre.
Et de ses envies…

« Faites un paquet cadeau pour cette tête et faites la livrer au gouverneur . Je lui dois bien ça…Ah et ajoutez donc une petite faveur rose autour du paquet… Ca fera moins impersonnel ».


Content de son odieuse plaisanterie, il éclata d’un rire tonitruant et vulgaire.

« Et trouvez moi Ténèbres, j’ai besoin d’un petit réconfort… »
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